Analyse sauvage de 2 rêves de C.G.JUNG
Extraits de son essai d'exploration de l'inconscient 1964
Édition Folio
Extraits de son essai d'exploration de l'inconscient 1964
Édition Folio
En 1964, soit 3 ans après sa mort, était publié « essai d’exploration de l’inconscient » où Jung partageait, entre autres, avec ses lecteurs, deux rêves dont il était l’auteur, et qu’il analysait avec la volonté de s’éloigner de l’interprétation freudienne, jusqu’à la réfuter et nous laissant envisager, par leur communication, de leur importance.
Je tenterai d'analyser c'est deux rêves sous l'angle de vue psychanalytique, en utilisant mon expérience clinique et pratique acquise précisément dans ce domaine-là depuis maintenant quelques années, et la technique de l'association libre, le fait par exemple d’associer librement sans répression, des contenus de pensées en partant d’un signifiant, qui pour l’exercice, seront reconstitués par mes soins et évidemment différents de ceux exprimés par Jung que je ne rapporterai pas.
Je sais déjà, qu’il pourrait m’être reproché, de façon justifiée, de me servir de la version traduite, négligeant l’écriture, l’étymologie, la phonétique, argument auquel je ne peux qu’être en accord, et de projeter mes propres pensées, fantasmes, complexes, etc., constituant ainsi un défaut méthodologique. Néanmoins, il est parfois nécessaire de combler les lacunes par des déductions, toutefois raisonnables, comme cela se pratique dans différents domaines scientifiques. Pour éviter de commettre cependant trop d’erreurs, car il me paraît inévitable de ne point en faire, je m'efforcerai de prendre toutes les précautions possibles afin de rester au plus proche, au plus juste, de ce que j'ai pu découvrir au fil de mes lectures, notamment sur la vie de Jung, ses relations, sa pratique, ses recherches...
J’utiliserai également comme supplément de technique, une part de la méthodologie proposée par lui-même, en ce qui pourrait correspondre à ce qui se trouve de symbolique, d’universel, culturel, vertical dans sa publication.
Enfin, je synthétiserai ces différentes informations que l’on aura pu extraire du contenu et pensées de ces 2 rêves et essaierai d’apporter modestement une pierre à l’édifice des différents travaux entrepris dans le sens de l’étude des rêves et d’en déduire au moins, ce qui pourrait bien être un syncrétisme de plusieurs pensées, révélant en globalité, leur fonction.
1er Rêve
« J’ai moi-même rêvé un même motif pendant plusieurs années, dans lequel je découvrais une partie de ma maison dont j’ignorais l’existence. Quelquefois, il s’agissait des appartements de mes parents, morts depuis longtemps, dans lesquels mon père, à ma grande surprise, avait un laboratoire où il étudiait l'anatomie comparée des poissons et ma mère un hôtel pour visiteurs fantômes. D'habitude, cette aile inconnue de ma maison était un ancien édifice historique, depuis longtemps oublié, dont j'étais propriétaire par héritage. Il s’y trouvait des meubles anciens intéressants, et vers la fin de cette série de rêves, je découvris une vieille bibliothèque dont les livres m’étaient inconnus. Finalement, dans le dernier rêve, j’ouvris un de ses livres et j'y trouvai une profusion de merveilleuses images symboliques. Quand je m’éveillai mon cœur battait d'émotion ».
La méthode freudienne nous suggère de fragmenter le rêve en ses différentes parties et d’exprimer librement à partir de chaque fragment, les pensées associées venant à l’esprit. Quant à la méthode jungienne, il convient de comprendre le rêve dans sa globalité, sa structure et d’y repérer ce qui parait de symbolique, de signifiant, de collectif, dépassant ainsi, le seul cadre de l’individu.
Ainsi, commençons donc par le premier fragment.
« Les appartements des parents »
Quelque chose m’interpelle, il est dans sa maison et y découvre une partie oubliée représentée soit par des appartements soit par un ancien édifice historique. Dans ce fragment, les appartements appartiennent à ses parents, ainsi on en déduit la pensée inverse, qu’ils ne sont donc pas (encore) à lui. Appartenir, posséder. L’appartement comme la maison signe parmi d’autres signifiés la sécurité, le cocon, l’identification, la représentation de l’image que l’on a de soi, le Moi… Les parents, eux, l’autorité, éducation, la transmission, dépendance, sécurité, etc. Se sentait-il en insécurité à cette époque? Si ces appartements ne lui appartenaient pas, se sentait-il en position de dépendance inévitablement frustrante, comme un enfant d’un parent, d’un modèle et dans cette hypothèse, d’une figure d’autorité représentant un père symbolique ? Peut-on y voir alors un souhait d’indépendance, mêlant amour, haine, loyauté, défi, rejet…, et comme l'avait souligné Freud, un souhait de mort ?
Je tiens à préciser que d’après ma compréhension du freudisme et notamment du souhait de mort, la mort est un signifiant qui peut exprimer la fin, le passage, l’accomplissement, la prise de fonction, de place, le dépassement, la séparation, l’autonomie, le non, la frontière, l’émancipation, la désunion, la rupture comme un « tu me fends le cœur », « c’est mort », etc.
Continuons notre analyse.
« Morts depuis longtemps »
Comme dit précédemment, il semblerait que Jung souffrait d’un conflit de loyauté et d’une relation de dépendance qui l’incommodaient et dont il souhaitait se déprendre. Ces difficultés pouvaient, je pense avec peu de doutes, avoir réveillé le souvenir d’une autre relation du même type, bien plus ancienne, dont l’inconfort et les difficultés à s’en démettre et certainement déjà ce même souhait d’indépendance, avaient été enfouis.
Il serait intéressant de savoir si à l’époque de ce rêve, ses parents étaient encore en vie et dans ce cas, se préparait-il à leur mort? Toujours est-il raisonnable de suggérer que ce souhait de mort n’était pas directement associé à ceux-ci mais par un effet de déplacement, lié à un autre objet plus proche dans la vie de Jung à l’époque du rêve.
« Mon père, à ma grande surprise »
Serait-ce le père de Jung ? Possible! Et parallèlement, se pourrait-il représenter autre chose, une autre personne..? Que pourrait signifier l’image du Père? Et bien, l’autorité, protection, assurance, loi, transmission, coupure, modèle, dépassement, puissance, qui prend sous son aile, la crainte, la peur aussi… Cette grande surprise donne l’impression d’une incohérence entre le ressenti et le raisonnement, qui pourrait s’expliquer comme l’effet produit par le retour censuré de ce qui fut refoulé et par une forme de négation, c’est-à-dire, « non cela ne peut être lui, cela n’est pas possible ». Elle serait comme le fil d’Ariane qui mène au refoulement du signifié et ses signifiants.
« Le laboratoire d’études d’anatomie comparée des poissons »
Le laboratoire est un lieu de recherches, de science, d’études, d’analyse, d’expériences… Cela nous rappelle l’environnement réel dans lequel évoluait Jung. Quant à ce qu’y pratiquait son père, la 1ère idée qui me vient à l’esprit, me rappelle que Freud, son mentor, avait étudié, avant l’invention de la psychanalyse, dans ce genre de laboratoire, l’anatomie comparée des anguilles, ce qui est surprenant et intriguant ! Car entre l’anguille et les poissons, disons qu’il y a la mer ! Freud pourrait-il être ce père ? A n’en point douter ! Se battait-il la « Mère » signifiant « inconscient », « psychanalyse » ou du moins un autre Inconscient, une autre Psychanalyse?
« Ma mère, un hôtel pour visiteurs fantômes »
Je manque, je suppose, de renseignements, car sur ce fragment-là, je n’ai pas vraiment d’idées. Peut-être que le symbolisme sera plus productif. La Mère représente l’accueil, la sécurité, l’acceptation, le contenant, la nourriture, bienveillance, l’attachement, dépendance, l’inconscient, la sorcière aussi… L’hôtel et les visiteurs fantômes quant à eux, le passé, le passage, la distance, réception, sans intérêt, la hantise, le client, le patient malade, la froideur (psychanalytique freudienne)…
« La découverte d’une partie de la maison, de l’aile inconnue », « depuis longtemps oubliée »
Découvrir, révéler, mettre en lumière ce qui était caché, enfoui, nié, abandonné, inconnu, ancien, historique, relégué aux oubliettes, à l’inconscient. Découvrir la part cachée de soi, la part cachée de l’humanité. Découvrir le signifiant Mère et ses signifiés, création, concept, idée, pensée, école, doctrine… Découvrir aussi ce qui est dépassé, vieux, vieilli dans cette découverte, dévalorisant alors la découverte princeps. Jung découvrait-il en rêve ce qui fut révélée et/ou rappelée par Freud dans le réel, la (re)découverte de l’inconscient tout en y opposant une fervente critique?
« Ancien édifice historique », « dont j’étais propriétaire par héritage »
On pense immédiatement au fait donc qu’il ne l’était pas, pas encore… On retrouve les nœuds du début du rêve comme posséder, appartenir, les signifiés puissance, transmission, loyauté... On sait aussi que Freud envisageait Jung comme son fidèle et loyal héritier, ce dont celui-ci ne pouvait ignorer. On en déduit certains processus comme l’identification, introjection, individuation, condensation, déplacement.., à l’œuvre, et son souhait, qualifié du signifiant Mort, celui d’anticiper ce moment, exprimant son besoin, son empêchement à dépasser le maître. Et ce, sans culpabilité, puisque c’est un héritage, sans peur de perdre la relation affective d’avec celui-ci, et prendre ainsi son indépendance. D’où l’idée de ce que l’on nomme un meurtre symbolique.
« Découverte de meubles anciens intéressants », « vieille bibliothèque », « livres inconnus », « une profusion de merveilleuses images symboliques »
Ici se retrouve l’idée créatrice, où tout n’est pas à jeter mais à dépasser, le signifiant Mère et ses signifiés, inconscient et psychanalyse. Ne pourrait-on pas y deviner une relation triangulaire œdipienne, réactualisée, Freud et Jung, en rivalité pour l’objet commun convoité ? Ici, l’inconscient et la psychanalyse.
2ème Rêve
« Je rêvai que j'étais <chez moi> apparemment au premier étage, dans un agréable et confortable salon meublé dans le style 18e siècle. Je fus étonné de n'avoir jamais vu cette pièce auparavant et je commençai à me demander à quoi ressemblait le rez-de- chaussée. Je descendis, et je découvris que les pièces étaient plutôt sombres, aux murs recouverts de boiseries, avec des meubles massifs datant du 16e siècle ou même d'une période antérieure. Ma surprise et ma curiosité s’accrurent. Je voulais voir l'architecture totale de la maison. Je descendis dans la cave où je trouvai une porte donnant sur un escalier qui menait à une vaste pièce voûtée. Elle était pavée de grandes pierres, et les murs semblaient très anciens. J’examinai le mortier, et je découvris qu'il était mélangé d’éclats de briques. Manifestement les murs étaient d'origine romaine. Ma curiosité ne cessait de croître. Dans un coin, je vis dans un anneau de fer fixé à une dalle. Je la soulevai et je vis un autre escalier très étroit menant à une sorte de caveau, qui ressemblait à une tombe préhistorique, contenant deux crânes, quelques os, et des fragments de poterie. Et je me réveillai ».
Avant de commencer cette analyse, nous sommes frappés par les images employées dans ce rêve comme par l’histoire elle-même. Ce qui nous surprend de prime abord, une impression de continuité. Ou bien de quelque chose contraint à se répéter… L’histoire qui évoque à nouveau la découverte et les images qui semblent évoluer dans un contexte historique similaire au 1er. Il m'apparaît évident que ce rêve et sa bonne compréhension sont essentiels à la finalité de cet exercice.
« Chez moi »
Contrairement au rêve précédent où l’histoire se déroulait dans une partie inconnue de la maison dont il était héritier, quelquefois chez ses parents ou dans un vieil édifice, dans celui-ci, le contexte est posé d’emblée, il est chez lui. Les problématiques, suggérées dans le 1er rêve, se seraient-elles affinées ? Avait-il enfin obtenu ce qu’il convoitait ? Ou cette quête de l’objet salvateur, toujours inachevée et désirée, s’était précisée et intensifiée ?
« Au premier étage »
Nous en déduisons, et cela a son importance, au moins symbolique, que s’il se trouve au 1er étage, cette maison se compose d’au moins 2 parties. Nous apprenons plus loin, l’existence d’une cave, ce qui ramène le nombre de partie à 3. Il est à souligner qu’il effectue un mouvement descendant, passant du 1er étage au rez de chaussée puis à la cave. On pourrait classer ces 3 parties, « haut, milieu et bas », comme le haut représentant le spirituel, le surmoi, l’idéal, l’image, le visuel, le spéculatif et l’intellectualité; le milieu représentant le psychique, ce qui unie les 2 étages, le moi, l’image que l’on a de soi, le conscient; enfin le bas représentant le corporel, l’émotion, dialogue interne, le ça, l’inconscient, le monde de l’instinct. Ainsi, nous pourrions espérer repérer les différents processus d’évolutions en cours chez l’auteur. Cette descente correspondait-elle à une introspection ou à l’anticipation et ses conséquences d’un avenir proche et inévitable ? Ou peut-être serait-ce un mélange des deux, l’un et l’autre, servant la même cause, le même but !
« Un agréable et confortable salon meublé dans le style 18e siècle », « étonné de n'avoir jamais vu cette pièce auparavant»
Cet étage semble plaire à l’auteur, il lui est agréable et confortable, bien qu’il ne le reconnaisse pas. A nouveau, il découvre, à nouveau surgit l’effet de surprise. Encore, en fond, l’impression d’étrangeté. Son rêve ne traite donc pas de son véritable chez lui, il met certainement en scène son désir de vie et son idéal. Idéal, peut-être, difficilement toléré de Jung tant cela aurait pu résonner en lui comme une dette insolvable, passé et présent se confondant. La maison et/ou l’étage semblerait, par le fait de rassembler des concepts contraires, être à prendre ainsi comme un symbole. Notons pour plus tard le 18ème siècle.
« Je descendis le rez-de- chaussée, et je découvris que les pièces étaient plutôt sombres, aux murs recouverts de boiseries, avec des meubles massifs datant du 16e siècle ou même d'une période antérieure »
Nous sommes dans la zone médiane de la maison. Jung ne s’y attarde pas, et l’on ressent à travers cette courte description, une sensation dépressive, dérangeante, familière et fantomatique. Si comme je l’ai supposé, celle-ci représente le moi, tentant d’unifier ses parties extérieures à lui, et l’image que l’on se fait de soi, alors il nous paraît utile de suggérer l’interprétation suivante : Jung se verrait ou plus justement exprimé, son rêve lui révélerait son identification, en conflit avec son idéal et ses instincts, à quelque chose, quelqu’un , signifiant le passé, vieillesse, le désuet, la froideur, lourdeur, mort… Il n’aurait pas encore atteint son idéal. Rappelons-nous le 18ème siècle noté précédemment et soulignons ici, le 16ème. Cela paraît justifier cette interprétation. Il est cependant nécessaire de rajouter que le fait de descendre et ce tout du long du rêve, signifierait aussi, que se produit un rejet des identifications impulsées par les forces inséparables et inconscientes qui poussent à lutter pour vivre.
« Je descendis dans la cave où je trouvai une porte donnant sur un escalier qui menait à une vaste pièce voûtée »
Pour la cave, je l’ai déjà associée à ce qui est inconscient en nous, du biologique au psychique, à ce qui est pulsionnel. Comment expliquer alors la présence d’un étage supplémentaire à partir de la cave? Je répondrais simplement qu’il est le signifiant ou fait partie de la chaîne de signifiants, de ce qui est refoulé et qui fait retour. Autrement dit, Freud avait vu juste, en précisant que le refoulé c’est l’inconscient, l’inverse ne l’étant pas forcément. Il y a de l’inconscient freudien dans l’Inconscient. Et cette vaste pièce voûtée me fait penser à une église, ou quelque chose de similaire, quelque chose d’accueillant, de maternel, de sacré, de religieux. Son père n’était-il pas pasteur et Freud ne fut-il pas considéré comme un prophète avec sa religion, la psychanalyse ? Et l’Église ne signifierait-elle pas symboliquement la Mère ?
« Pavée de grandes pierres, et les murs semblaient très anciens. J’examinai le mortier, et je découvris qu'il était mélangé d’éclats de briques. Manifestement les murs étaient d'origine romaine »
La base, c’est-à-dire le sol, semble praticable, solide, contrairement à l’impression laissée par les murs décrits comme très anciens. Seraient-ils à détruire ? Ici aussi nous devinons une relation triangulaire. Le rival ? Les murs forcément anciens ! Par conséquent, leur origine romaine me rappelle que Freud affectionnait particulièrement l’Italie et sa capitale Rome, hautement significatifs pour celui-ci, comme l’archéologie à laquelle il lui arrivait de comparer l’investigation psychanalytique.
« Dans un coin, je vis dans un anneau de fer fixé à une dalle. Je la soulevai et je vis un autre escalier très étroit menant à une sorte de caveau, qui ressemblait à une tombe préhistorique, contenant deux crânes, quelques os, et des fragments de poterie »
L’anneau fixé à une dalle exprime le sentiment d’être lié, uni, loyal, empêché, emprisonné, enchaîné… L’anneau étant le lien et la dalle, ce qui est immuable. Pris dans la singularité du sujet, on ne peut s’empêcher d’y associer la pierre que Freud avait offerte aux membres de son comité secret. Anticipant la rupture prochaine avec Jung, un de ses collaborateurs conseilla de former un "comité" secret défenseur des principes fondamentaux de la théorie psychanalytique: l'inconscient, la sexualité infantile, le complexe d’œdipe. Freud offrit à chacun de ces disciples au nombre de 6 (Ferenczi, Abraham, Jones, Rank, Sachs, rejoints en 1919 par Eitingon) une intaille grecque semblable à celle gréco-romaine qu’il portait, prise dans sa propre collection d'antiquités, que ceux-ci montèrent sur un anneau d'or. Jung soulève cette dalle, met un coup dans la fourmilière, c’est-à-dire, s’éloigne de certaines conceptions freudiennes et passe, à travers un signifié déjà utilisé qu’est l’étage nouveau, au signifiant associé, la mort signifiée par le caveau, la tombe. Les 2 crânes symbolisent la mort, la rupture, ce qui appartient désormais au passé, la relation entre Jung et Freud, Jung et son père. A la recherche de sa Mère, de sa Psychanalyse. Ou du moins la capacité maintenant à s’en affranchir. Ou l’anticipation de ce qui doit se produire conditionnant le sujet et réduisant ses tensions. Ou l’expression organique triomphante…
Nous arrivons à la fin de cette série de rêves ainsi qu’à celle des processus biologiques et psychiques. Les différentes tensions nées de conflits provoqués par les insatisfactions, les frustrations, rencontrées par la pulsion de vie, pulsion qui pousse l’organisme au développement, à l’accroissement, à la volonté de puissance narcissique, à la réduction des tensions déclenchées par cette même volonté, au désir, trouvèrent un point de décharge. Cette nouvelle homéostasie biologique et psychique fut permise par différents moyens, qui ne sont en vérité et seulement que des moyens, comme la préparation, le conditionnement répété, la compensation rassurante, l’anticipation, etc., dont leur but, leur finalité, vise, non pas tant la satisfaction d’un désir refoulé, mais plutôt la réduction et/ou disparition dans l’organisme global de tensions issues de blessures, d'excitations, révélées par le contenu latent du rêve.
Romuald Garcia

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